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EX CATHEDRA: Que font les diplomates ?

20/04/2017 20:00:00

Patrick Nothomb propose une conférence intitulée « La carrière diplomatique moderne ».

Patrick Nothomb a travaillé comme diplomate au service de la Belgique de 1960 à 2001. Il a été ambassadeur au Bangladesh et en Birmanie, en Thaïlande et au Laos pour terminer sa carrière diplomatique au Japon. Il est aussi le papa de l'écrivaine Amélie Nothomb qui s'est inspirée de son enfance de fille de diplomate dans certains de ses romans.

Patrick Nothomb en est bien conscient, les diplomates n'ont pas toujours bonne réputation. Si les soirées de l'Ambassadeur ont fait les beaux jours de la publicité pour une célèbre marque de chocolat, elles ont aussi contribué à donner aux diplomates une image peu reluisante. Dans l'imaginaire collectif, le diplomate est issu d'une famille aisée, il vit dans un palais à l'étranger, cause politique en buvant du champagne.

Pour Patrick Nothomb, cette image convient peut-être à la diplomatie d'avant la deuxième guerre mondiale. A l'époque, les diplomates belges, tous francophones, ne s'occupaient que de politique. Ils vivaient dans de belles résidences et étaient effectivement souvent issus des mêmes familles.

La deuxième guerre mondiale a tout changé. La carrière s'est démocratisée, est devenue bilingue et s'est ouverte aux femmes. Aujourd'hui, 40% des diplomates belges sont des femmes. Le travail diplomatique a également évolué : il est plus économique et commercial que politique. La Belgique faisant partie de l'Union européenne et de l'OTAN, les diplomates ne doivent plus chercher des alliés. Depuis 1945, se sont développées deux types de diplomatie : une bilatérale et une, multilatérale. La première consiste à représenter son pays dans un autre pays. La seconde consiste à travailler dans un organisme comme l'ONU ou l'OTAN.

D'autres circonstances vont pousser les diplomates belges à évoluer. Avant la crise congolaise de 1960, la Belgique n'avait jamais été critiquée sur la scène internationale. Elle était le pays opprimé et courageux des deux conflits mondiaux. Les diplomates n'avaient pas de contact avec la presse. Avec la crise au Congo, les diplomates belges ont été obligés de se défendre et de communiquer.

Céline Sérusiaux, Journaliste
celine.serusiaux@matele.be

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