Trains

"Le Ravel ne rend pas impossible la réouverture de la ligne Dinant-Givet"

publié le:20/04/2017 17:38:00 - mis à jour: 20/04/2017 17:43:06

Avec l'annonce de travaux d'aménagement d'un Ravel, on aurait pu croire enterrée l'idée de ré-ouvrir la circulation des trains. Pour le bourgmestre de Dinant et le maire de Givet, c'est tout le contraire.

On l'apprenait début avril: le chaînon manquant du Ravel entre Waulsort et Anseremme sera aménagé en 2019. Le tracé du Ravel n°2 Mariembourg - Hoegaarden sera donc complet. Une partie du chaînon emprunte le tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer qui reliait Givet et Dinant jusqu'au début des années 90. Mais le Ministre Prévôt l'a expliqué: l'assiette, le "socle" de la ligne sera préservé.

Pour le bourgmestre de Dinant Richard Fournaux et le maire de Givet, cela entretien un espoir, fût-il théorique: la ligne ferroviaire "pourrait" un jour être à nouveau en activité.

"On est très satisfaits, explique Claude Wallendorf, le maire de Givet, parce que cela faisait un grand moment que nous demandions à la Wallonie de sanctuariser l'emprise de la voie ferrée, afin qu'elle ne soit pas grignotée par les riverains. Une étude a démontré qu'il était possible d'avoir à la fois un Ravel d'un côté et la ligne de l'autre, cela peut très bien s'organiser."

Argument en faveur de la réouverture du côté français: cela permettrait de désenclaver la botte de Givet. Côté belge, Richard Fournaux, autre grand défenseur, y voit des atouts de développement économique (tout comme pour le Ravel, d'ailleurs, via le tourisme):

"Plus de 20% de la patientèle de notre hôpital est française. Vous n'imaginez pas l'impact économique, tout simplement pour sa survie. 45% de la clientèle du casino vient de cette région. Et dans le secteur Horeca, de plus en plus de personnes du Nord de la France viennent chez nous."

L'idée reste théorique. Les frais d'une remise en exploitation sera énormes. Mais pour les deux défenseurs du projet, il faut désormais voir "européen".

"Ce n'est pas la ligne Dinant - Givet, explique Richard Fournaux, c'est le liaisonnement entre Namur, capitale de la Wallonie, et Charleville-Mézières, où le TGV arrive aujourd'hui. Cette politique d'investissement dans de grandes infrastructures ne viendra pas via Infrabel ou la SNCB, c'est une politique qui sera décidée à un autre niveau."

"C'est un chaînon manquant, enchérit Claude Wallendorf. Ce qu'il faut bien avoir à l'esprit aujourd'hui, c'est que la nouvelle Région Grand Est et ses 5,7 millions d'habitants, plus que la Wallonie, est très intéressée par la réouverture de cette ligne Namur - Reims."

Nicolas Lembrée, Journaliste
nicolas.lembree@matele.be

Revoir l'Actu

 

Vivre Ici