Schaltin: Euphrasie et sa chocolaterie

publié le:27/11/2014 19:26:08 - mis à jour: 10/02/2015 19:09:15

Des cacaoyers du Cameroun au savoir-faire belge, Euphrasie Mbamba connaît le chocolat sur le bout des doigts. Aujourd’hui, elle a décidé d’en faire son métier en ouvrant une chocolaterie artisanale de luxe à Schaltin.

Nous sommes jeudi, jour de production pour Euphrasie Mbamba. L'odeur de chocolat a envahi son atelier. Elle jette les pistoles dans sa tempéreuse. Les pistoles, ce sont ces petites pépites de chocolat à faire fondre pour pouvoir créer sapins et autres figurines. Celles dont se sert Euphrasie aujourd'hui viennent de Tanzanie mais elle travaille aussi avec d'autres pristoles issues du Ghana ou du Cameroun, son pays d'origine.

« C'est important pour moi de connaître la provenance des fèves étant donné que j'ai grandi dans les plantations de cacaoyers. En plus, c'est une façon de me retrouver un peu dans mon continent, l'Afrique. On appelle ces fèves des fèves de luxe. La plupart ne travaille pas avec celles-là parce qu'elles sont trop chères, mais moi, j'y suis attachée et je sais que ce sont de bonnes fèves. »

Pour Euphrasie, la fève de cacao, c'est une histoire famille. Elle est née entre les cacaoyers où son grand-père travaillait et a vu comment il les plantaient. Elle avait même l'habitude de jouer avec les fèves de cacao. Alors quand son grand-père partait les vendre, la petite Camerounaise avait toujours un serrement au cœur :

« Quand j'étais petite et que je voyais mon grand-père partir vendre les fèves sur le marché et revenir sans rien. Je me demandais ce qu'il avait fait des fèves. Il me répondait alors qu'il les avait vendues pour pouvoir acheter de la viande.  Mais moi, je n'aimais pas la viande, je préférais garder les fèves. »

A dix ans, sa famille déménage et s'installe en Belgique où justement, le chocolat est roi. Devenue adulte, elle se dirige vers l'enseignement mais finit par abandonner cette carrière pour se consacrer à sa passion. Après s'être formée chez Callebaut, le résultat est aujourd'hui sur pied : la chocolaterie Sigoji à Schaltin.

Du chocolat camerounais, du cointreau belge

Et si son chocolat et certains de ses arômes comme le café viennent de sa terre natale, Euphrasie n'en oublie pas pour autant sa terre d'accueil. Avec, par exemple, une praline appelée la Schalitnoise.

« Elle est faite maison avec de la liqueur proche du cointreau, elle aussi, faite maison par ma voisine. »

Une histoire de vie qui se retrouve dans ces petites pralines et autres créations. Entre Cameroun et Belgique, les papilles gustatives voyagent mais c'est à Schaltin que vous pourrez vous procurer ces gourmandises.  

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